Une opinion assez répandue prétend que l’entrepreneur aime le risque. Ce qui est souvent l’idée (ou excuse…) invoquée par les ex-futurs-entrepreneurs lorsqu’ils expliquent pourquoi ils ne se lancent pas. En réalité, l’entrepreneur ne cherche pas le risque : il cherche au contraire à le minimiser.
La probabilité de rencontrer des événements désagréables et imprévus ne concerne pas que l’entrepreneur. Le salarié est concerné pendant toute sa carrière: il peut se faire licencier, se faire imposer des tâches inintéressantes, travailler avec une équipe avec laquelle il ne s’entend pas, évoluer dans une mauvaise ambiance… À la différence de l’entrepreneur, le salarié remet dans les mains d’autres personnes les décisions qui génèrent ces contraintes.
L’entrepreneur construit son environnement de travail selon ses valeurs et sa personnalité. Il choisit donc ses contraintes et accepte d’être responsable des conséquences négatives (ou positives) qui en découlent.
Certains experts, tels que Frank Knight (« Risk, uncertainty and profit »), expliquent que l’entrepreneur ne se démarque pas des autres par sa faible aversion au risque mais par sa faible aversion à l’incertitude. Celle-ci, contrairement au risque, est inconnue et non mesurable.
Les startups, lorsqu’elles lancent un produit sur un nouveau marché, font donc face à l’incertitude, plutôt qu’au risque. L’exemple de Motorola, utilisé par Philippe Silberzahl dans son article est très pertinent : pendant des années, aucun élément pouvait permettre à ce géant des télécommunications de prévoir l’avenir prometteur du marché de la téléphonie mobile.
L’entrepreneur accepte donc l’incertitude, c’est-à-dire la possibilité d’évoluer dans un univers où la fatalité n’existe pas, car elle est indissociable de sa liberté d’action et de création. Le seul risque que prend alors un entrepreneur, est celui d’accepter d’échouer. Mais parfois, l’échec est un élément indispensable au succès, comme le montre la conférence de l’entrepreneur Michael Litt lors du TEDxUW.
Finalement, l’entrepreneur refuse de considérer le succès ou l’échec comme une simple statistique ou probabilité. Il n’aime donc pas le risque, il aime plutôt l’idée d’être le maître (illusoire ?) de son destin.
Lors de la transition vers l’entreprenariat, le futur entrepreneur doit donc comprendre que la vie qu’il choisit sera non pas plus ou moins risquée que la vie d’employé qu’il avait auparavant, mais que contrairement à avant, il ne pourra mettre ses échecs sur le compte d’aucun autre que lui.
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